DILANN TOURS MADAGASCAR , VOYAGE NATURE

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LA RÉUNION – LA LOW COST D'AIR CARAÏBES INQUIETE

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Encombrement. L’arrivée de French Blue dans le ciel réunionnais n’est pas pour rassurer ses concurrents.

 

«Les low-cost sur le long-courrier, ça marchera. Elles pourront rafler jusqu’à 50% du marché long-courriers, voire plus ». Celui qui s’exprime ainsi dans les colonnes de La Tribune n’est pas le PDG d’une des compagnies aériennes installées sur l’axe Paris-Réunion mais John Leahy le super vendeur d’Airbus qui à 75 ans et après avoir vendu 15 000 exemplaires des appareils du constructeur européen s’apprête à 70 ans à prendre sa retraite.
Avec l’arrivée dans le ciel de La Réunion de French Blue, la low-cost long-courrier d’Air Caraïbes, voilà qui ne devrait pas rassurer les PDG d’Air France, Air Austral, Corsair et XL Airways. D’autant que French Blue a clairement affiché ses prétentions, prendre 20% de part de marché.
En 2016, Réunion-Roland-Garros a accueilli 2 107 510 passagers, un trafic en progression de 1,4% par rapport à 2015. À lui seul l’axe Réunion – métropole avec 1 207 424 voyageurs a représenté 58% du trafic global en augmentation de 1,9% par rapport à 2015. Air Austral se taille la part du lion ( 34% de part de marché), suivie par Air France (32%), Corsair (29%) et XL Airways (6%).
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Pour satisfaire ses ambitions, French Blue va devoir pêcher dans le vivier de ses concurrentes. PDG de Corsair, Pascal de Izaguirre, résume parfaitement le match qui s’annonce. « Cela va être un bain de sang. Sur la Réunion, il va y avoir 30 % d’augmentation d’offre au global. Pas seulement à cause de French Blue. Ils arrivent avec huit vols par semaine, donc ils ne font clairement pas dans la demi-mesure.»
Interrogé récemment par nos confrères du Quotidien du Tourisme, Jean-Marc Grazzini, directeur général adjoint et directeur commercial d’Air Austral, est sur la même longueur
d’onde.
« La concurrence, nous l’acceptons. Nous sommes déjà dans un environnement concurrentiel. Elle est bénéfique pour nous car elle nous oblige à nous améliorer. Elle est bénéfique pour le client et pour La Réunion. Donc la concurrence n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la capacité que l’on veut mettre sur un marché à un moment donné. C’est là où nous devenons vigilants. Car voler à moins de 80% de remplissage n’est plus rentable. J’aimerais plutôt qu’une compagnie vienne à la Réunion pour ouvrir des lignes sur Francfort ou sur Londres, plutôt que sur Paris qui est déjà très bien desservi. Certains vont dire : un nouveau concurrent arrive avec des prix agressifs, cela va donc entraîner une dynamique de marché ! Je le conçois. Mais seulement jusqu’à un certain niveau. Car après ce sont des parts de marché qu’il va bien falloir qu’il prenne à d’autres. Avec un effet déstabilisateur de positions patiemment construites depuis des années.»

Prix agressifs
PDG de la compagnie réunionnaise, Marie Joseph Malé ne voit pas dans French Blue une low-cost. «Avoir des coûts plus bas ne veut pas dire que l’on a un modèle low-cost. Pour moi le modèle low-cost c’est la rupture tarifaire, de services, de produits et de commercialisation réalisés sur le moyen-courrier par des compagnies comme Jet Blue, Air Asia, Easy Jet ou Ryannair. Nous n’en sommes pas là. Nous avons à faire à des modèles hybrides.»
Ceci n’empêche pas le PDG d’Air Austral d’être inquiet. «Personne ne peut rester au-dessus du
marché. Les prix d’appel de French Blue sont comparables à ceux de la concurrence. Ils ne décrochent pas réellement par rapport à ce que nous avons connu. Vous baissez les tarifs de 5 à 8 % vous avez 3 – 4 % de trafic en plus. Quand XL Airways est arrivé tout le monde a baissé. Cela n’a pas généré un trafic colossal. Vous pouvez avoir une petite stimulation du marché mais pas à hauteur de 20 %.»
Le seul à rester relativement serein face à l’arrivée de French Blue est Laurent Magnin, le PDG atypique d’XL Airways. «Sur la Réunion, l’arrivée de French Blue est un non-sujet pour XL. Nous volons essentiellement au départ de Marseille et de Lyon quand toutes les autres compagnies décollent de Paris. Certes, nous vendons également des sièges au départ de Roissy, mais ce n’est pas notre business principal. C’est plutôt un complément.»

 

© JIR

 

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21/06/2017
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